Marché Solidaire Frontenac x L’aube : Quand alimentation locale rime avec collaboration

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2025-07-17

Sur l’esplanade Frontenac, juste à la sortie du métro du même nom, un chapiteau attire l’œil. Entre les immeubles et l’agitation urbaine, se cache un petit îlot de verdure : cagettes de légumes frais, semis verdoyants et fruits colorés. Ce n’est pas un marché comme les autres : c’est le Marché solidaire Frontenac, un projet enraciné dans le secteur Centre-Sud depuis plusieurs années. 

Depuis sa fondation en 2007 par des résident.es mobilisé.es, puis sa reprise en 2013 par le Carrefour solidaire, un organisme bien établi dans le quartier, le marché n’a cessé d’évoluer. Dans un quartier où les aliments frais sont souvent difficiles à trouver, ce marché est porté par une mission sociale forte : rendre l’alimentation locale et saine accessible à toutes et à tous.

Les passant.e.s et résident.e.s du quartier peuvent s’y arrêter pour faire le plein de produits locaux et tisser des liens avec leur voisinage. Sur place, une petite équipe accueille les client.e.s, leur présente le fonctionnement du marché solidaire et les accompagne dans leurs achats. Parmi cette équipe, on retrouve Kim Cinq-Mars, coordonnatrice de l’Épicerie et du Marché solidaire Frontenac, qui nous en dit plus sur les fondements du projet :

« Le marché solidaire soutient l’agriculture locale en créant des ponts entre les fermes locales et les citoyens et citoyennes du quartier, tout en cherchant à réduire les barrières financières, physiques et sociales à une alimentation saine. », explique Kim Cinq-Mars.

Comme plusieurs quartiers centraux de Montréal, le secteur Centre-Sud fait face à des défis importants en matière de sécurité alimentaire. Pour répondre à cette réalité, le marché a mis en place un système de tarification solidaire : chaque client.e peut choisir entre deux prix pour les produits offerts : le « plein prix », qui soutient le projet d’économie solidaire, et un prix « solidaire », qui est un prix réduit et subventionné destiné aux personnes vivant une situation de précarité. Ce modèle, basé sur la confiance, fonctionne grâce à la solidarité de la communauté. « Les gens comprennent très bien le modèle, et ça fonctionne.  Les citoyen.ne.s choisissent tout simplement le prix qu’ils et elles sont en mesure de payer en fonction de leurs moyens personnels. », ajoute Kim.

La Carte proximité, fermière et solidaire, en opération depuis 2020, est également acceptée au marché. Cette carte permet à des ménages qui vivent de l’insécurité alimentaire de faire des achats dans les commerces alimentaires locaux accrédités qui s’engagent à s’approvisionner en circuits courts. 

Créer un système alimentaire alternatif et solidaire

Ce qui distingue le Marché solidaire Frontenac, c’est justement cette volonté de créer une alternative concrète au système alimentaire dominant, souvent centré sur le profit et éloigné des réalités locales. Ici, l’objectif est tout autre : bâtir un modèle ancré dans la communauté, solidaire, local et durable.

Cette vision ne peut se concrétiser qu’en collaboration étroite avec d’autres acteurs engagés en ce sens, notamment des fermes locales et d’autres organismes, telle que la Mutuelle d’approvisionnement des marchés solidaires (MAMS), un OBNL oeuvrant en sécurité alimentaire qui les approvisionne en fruits et légumes locaux

L’un des partenariats clés cette année est celui avec le pôle nourricier L’aube, qui regroupe plus d’une dizaine de fermes biologiques situées sur l’île de Montréal et ses alentours. Grâce à l’obtention d’un soutien financier de la part de Financement Agricole Canada, le Marché solidaire Frontenac offre cette saison à sa clientèle une plus grande disponibilité de produits biologiques qu’à l’habitude, tout en respectant sa mission d’accessibilité financière. 

 « Cette saison-ci nous a permis de démontrer que le besoin et l’intérêt sont là pour les produits biologiques au sein de la clientèle du marché. », affirme Kim Cinq-Mars

Durant l’année 2024, L’aube a pu rendre accessible à plus de 12 000 personnes vulnérables des aliments biologiques et locaux grâce à ce genre de partenariat.

« Travailler avec L’aube nous permet d’avoir une offre stable, diversifiée et de qualité en produits biologiques. Chaque semaine, on sait, par exemple, qu’on recevra du mesclun frais, cultivé avec soin, et ça, ça fait toute la différence », ajoute-t-elle. « Grâce à cette stabilité, les citoyen.ne.s développent des habitudes d’achat régulières, ce qui favorise la viabilité financière du marché tout en offrant l’alimentation la plus saine possible au quartier. »

De travailler en collaboration avec des partenaires ayant des objectifs communs et des missions similaires permet non seulement de renforcer la stabilité de l’approvisionnement, mais aussi de bâtir un réseau alimentaire solidaire, enraciné dans les valeurs d’équité et de résilience communautaire.

Une réussite à échelle humaine

Dix-huit ans après sa création, la pertinence du Marché solidaire Frontenac est plus claire que jamais. Le marché prouve qu’il est possible de bâtir un modèle d’alimentation solidaire, viable et durable, en dehors des circuits classiques de distribution.

 « Ça fonctionne la solidarité. La preuve, c’est que, bien qu’il y ait encore du travail de mobilisation, nous arrivons à opérer avec ce modèle de tarification sociale adapté aux réalités de notre projet. », dit Kim Cinq-Mars. 

Le Marché solidaire Frontenac, en collaboration avec des partenaires comme L’aube et d’autres organismes à vocation sociale, démontre que, lorsqu’on met la solidarité au cœur du système alimentaire, tout le monde y gagne : les agriculteur.trices, les client.es, et le quartier tout entier.

Nous aimerions remercier Financement Agricole Canada (FAC) pour son soutien financier dans ce projet. 

Par Catherine Dallaire

 

Partenaires

L’aube, pôle nourricier, est un projet du Système alimentaire local et intégré (SALIM), un programme multipartenarial initié et soutenu par le Collectif Récolte, dans le cadre de Montréal en commun et du Défi des villes intelligentesMontréal en commun est un projet piloté par la Ville de Montréal dans le cadre du Défi des villes intelligentes et réalisé grâce au soutien financier du Gouvernement du Canada.

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