Les petites entreprises agricoles traversent actuellement une période houleuse. Bien que le secteur agricole ait toujours été confronté à de nombreux défis, il est actuellement en proie à ce que beaucoup d’expert.e.s du domaine considèrent comme une véritable crise agricole.
Selon les prévisions du ministère fédéral de l’Agriculture et de l’Agroalimentaire, le revenu net agricole québécois passera de 959 millions de dollars en 2022 à 66 millions de dollars en 2024, du jamais vu depuis 1938 ¹.
Un sondage mené par l’UPA auprès de ses membres révélait également à l’été 2023 que 11 % des fermes québécoises envisageaient de cesser leurs activités agricoles dans les douze mois à venir en raison du contexte économique défavorable ². Des chiffres alarmants pour une mission si cruciale et noble : celle de nourrir les Québécois.es.

La difficile réalité des petites fermes comprend notamment l’augmentation récente des coûts de production liée à l’inflation, les menant à une réalité financière souvent très précaire. Les enjeux liés à la rétention de la main-d’œuvre et à la difficulté de la rémunérer adéquatement compliquent encore davantage la situation, le tout sans négliger les défis posés par des conditions météorologiques imprévisibles, accentuées par les changements climatiques.
De plus, les producteurs et productrices agricoles, déjà débordés par leur travail, doivent gérer une multitude de responsabilités qui vont bien au-delà des seules tâches agricoles. La recherche de nouveaux.elles client.e.s, la gestion des commandes et de la facturation, en plus de la tenue des registres de cultures et des ventes ne sont que quelques exemples des responsabilités que doivent prendre en charge les agriculteurs et agricultrices d’aujourd’hui.
« Quand on y pense, les fermiers et fermières doivent agir comme des couteaux suisses : on doit faire plein de métiers en même temps », décrit Katherine McDowell, Gérante de la Ferme du Roulant
L’engagement de L’aube dans cette conjoncture
C’est dans ce contexte que le pôle nourricier L’aube souhaite appuyer les petites entreprises maraîchères pour favoriser leur développement et assurer leur succès. Regroupant plusieurs fermes membres, la mission première de L’aube est de renforcer leur résilience en améliorant leurs capacités opérationnelles de desservir des marchés locaux, et ce, par la mise en place de services logistiques mutualisés.
Concrètement, L’aube s’engage à simplifier la vie des agriculteurs.trices en prenant en charge certaines responsabilités clés, notamment le développement de marchés et d’outils promotionnels, la gestion et la planification des ventes, ainsi que les communications et les relations avec la clientèle.
Afin de décharger les fermes d’un immense poids logistique, L’aube gère l’ensemble du processus de gestion des commandes, depuis la prise des commandes par les client.e.s jusqu’à l’entreposage des produits en chambre froide et leur livraison sur toute l’île de Montréal à l’aide de son camion.
« Cela nous laisse plus de temps et nous permet de nous concentrer à faire pousser les meilleurs légumes possibles et à prendre soin de la terre. », indique Katherine McDowell, Gérante de la Ferme du Roulant
Le pôle nourricier joue ainsi le rôle de pivot central entre les fermes et les client.e.s, rendant le système de commande plus fluide et efficace pour toutes les parties impliquées.
« D’avoir une seule livraison, au lieu d’avoir plusieurs petits transporteurs qui viennent pendant la semaine, c’est vraiment intéressant pour nous. », explique une cliente du pôle nourricier, Annie Lavoie, Cheffe du secteur approvisionnement et responsable restauration au CHUM.
La solidarité pour assurer la pérennité des fermes
Face à la crise actuelle qui menace la pérennité des petites fermes, la solidarité et la collaboration dans le monde agricole sont essentielles.
En s’unissant sous un pôle nourricier, les fermes diminuent leurs coûts de production en partageant des frais de manière collective et allègent leur charge de travail en déléguant certaines opérations logistiques, le tout favorisant leurs chances de réussite à long terme.
L’agriculture de proximité et solidaire soutient également un système alimentaire durable et équitable, aidant aussi à la démocratisation de l’achat de produits locaux et biologiques pour tous et toutes. Nous croyons que cette approche collaborative est un modèle précieux pour renforcer la résilience des fermes et assurer un avenir prometteur pour l’agriculture locale.
1 Bergeron, Patrice. (2024, 21 mars). Le ministre André Lamontagne évite de parler de crise en agriculture. Le Devoir
2 Cameron, Daphé. (2023, 12 avril). Une ferme sur dix envisage de mettre la clé sous la porte. La Presse.
Remerciements
L’aube, pôle nourricier, est un projet initié et soutenu par le Collectif Récolte à l’aide du financement de Montréal en commun. Montréal en commun est un projet piloté par la Ville de Montréal dans le cadre du Défi des villes intelligentes et réalisé grâce au soutien financier du Gouvernement du Canada.
L’équipe de L’aube tient à remercier ses partenaires financiers, tels que le Conseil québécoise de la coopération et de la mutualité (CQCM), le Gouvernement du Canada, PME MTL et le Ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation (MAPAQ) et la Caisse d’économie Solidaire Desjardins.
Un merci tout particulier à Arrivage pour leur aide et leur soutien exceptionnel.
Enfin, L’aube ne serait rien sans ses client.e.s et ses producteur.trice.s dont Les jardins Carya, Santropol Roulant, Cultiver l’Espoir, Ferme aux pleines saveurs, Ferme aux colibris, Ferme Les Siffleux, Ferme Bio Saveurs et le verger La tête dans les pommes : nous vous remercions de tout cœur. Votre engagement est essentiel pour faire de cette structure une plaque tournante de l’alimentation de proximité durable et responsable.
Par Catherine Dallaire
L’aube, pôle nourricier, est un projet du Système alimentaire local et intégré (SALIM), un programme multipartenarial initié et soutenu par le Collectif Récolte, dans le cadre de Montréal en commun et du Défi des villes intelligentes. Montréal en commun est un projet piloté par la Ville de Montréal dans le cadre du Défi des villes intelligentes et réalisé grâce au soutien financier du Gouvernement du Canada.










